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"Légers" incidents

۩ Mardi 6 mars 2012 ۩

J'ai mis peu de temps à me faire à la petitesse de l'endroit où je vis, un peu plus à la saleté, et encore un peu plus au manque d'intimité. Mais parfois certains "détails" me rappellent que je vis dans un bâtiment vieux de 60 ans et qui n'a jamais bénéficié d'aucune rénovation quelle qu'elle soit.

Avant hier : je rentre de chez moi, les courses à la main vers 20h : fumée noire, tous les étudiants de mon étage rappatriés au rez de chaussé, et une voix totalement incompréhensible qui crie dans les micros (que j'ai découverts à cette occasion). Je finis par comprendre quelque chose comme ... "Evacuez le plus vite possible et prévenez vos voisins ...!"

Pas d'électricité pendant toute une soirée, ça fait bizarre ... Même pas de lumière pour bouquiner. Finalement, la "douce et légère" dejournaya (responsable de l'étage, une femme totalement aigrie et agressive d'environ 65 ans) frappe à la porte "délicatement" (j'en ai encore des palpitations) pour demander si on a la lumière et si l'ordinateur fonctionne à ... 4h du matin ... ! "Parce que moi, j'ai rien, comment ça se fait que j'ai rien, et que vous vous avez de la lumière ? Je comprends pas, pourquoi moi j'ai rien ... ?" Envie de meurtre.
On croit se rendormir paisiblement quand l'électricien vient à son tour faire sa visite de vérification à 6h ... Les russe n'ont donc aucuns horaires respectables ?! Non mais... !

J'ai finalement appris ce qui s'était passé : quelqu'un a mis quelque chose d'inflammable dans la poubelle (vous savez, les poubelles "tuyaux" dans les vieux immeubles) et le mur d'à côté a "juste" explosé → le plafond s'est effondré.

Reportage (après réparations bien entendu : je n'ai pas eu le droit de prendre des photos avant ...) :




Hier soir : c'est avec un moral d'acier (ma coloc vient de partir, le froid est de retour [-10°], je suis malade et j'ai plus de chocolat) que je décide de profiter de ne pas avoir été au baby sitting ni au stage (cause : malade : le KGB a bien vérifié, excuse validée) pour faire mes devoirs et filer au lit sur les bons conseils de ma prof de russe. Puis j'ai l'impression que quelqu'un frappe à la porte (22h) mais c'est en fait le plafond qui fuit. Je me prends deux-trois gouttes sur le nez, puis je décide simplement de mettre un saladier par terre. Mais les gouttes semblent faire de plus en plus de buit : HORREUR, le saladier est déjà plein, et tout le "hall d'entrée" [à relativiser ; 5m²] est inondé. Après avoir mis 5 SALADIERS (eh oui, ça rentre), je décide de prévenir les gardiens pour ne pas être prises de cours. Ils notent simplement le numéro de ma chambre et reviennent dix minutes plus tard "Ce n'est rien, c'est le voisin du dessus [ah oui, le musulmans qui fait sa prière 5 FOIS PAR JOUR pas très discrètement] qui est innondé."
Non, c'est vrai, c'est rien ... "Il faut prendre un vieux chiffon et l'essorer de temps en temps, c'est rien"
Non, c'est vrai, c'est rien. Je vais juste pas dormir, ne serait-ce qu'à cause du bruit de l'eau qui tombe sur du plastique [et qui ne fait même pas une belle mélodie, na.]

Nizhni Novgorod en transsibérien !

> Lundi 5 mars <

Comme vous le savez certainement déjà, traverser la Russie est un rêve qui me trotte dans la tête depuis déjà plusieurs années .... Beaucoup d'étudiants passant un an ici à Moscou, se décident à enchaîner sur un superbe voyage cet été, parcourant grâce au transsibérien la belle et mystérieuse Russie de l'est.
Il est effectivement bien moins onéreux, dangereux , complexe et stressant de voyager au fin fond de la Russie quand on parle la langue. Je trouve que leur idée est bonne. Cependant, je garde ce voyage pour plus tard (je pense qu'en Juin, après un marathon d'examens et 10 mois passés en Russie, je n'aurai qu'une envie : rentrer !)

Cependant, certaines villes plutôt proches de Moscou restent à notre portée "juste pour un week end" par exemple. Etant souvent très fatiguée le week end, j'ai rarement envie d'organiser un périple je-ne-sais-où (avec les russes, rien n'est possible spontanément et on ne peut pas partir sur un coup de tête !). Cette semaine, avec la journée de la femme, l'Etat russe nous offre trois jours (Jeudi-Vendredi-Samedi) feriés. Soit dit en passant, nous travailleront donc le Dimanche ... Chose étrange, très étrange...

J'ai donc décidé de visiter Nizhni Novgorod, dont j'ai tant entendu parler (en bien) aussi bien par les russes que par les européens.



Cette ville est la 5ème ville de Russie, avec 1 286 433 habitants. Elle est au confluent de la Volga et du fleuve "Oka" et c'est en partie ce qui fait son charme ... C'est aussi la première ville desservie par le transsibérien. Génial ! ◕‿◕
Programme en cours : à suivre ! En attendant, quelques photos empruntées :


Maslenitsa

Dimanche 26 février
                    ❄               
La maslenitsa, dont j'ai déjà parlé dans un article il y a environ un mois, c'est une fête traditionnelle, de manière générale, qui se fête dans toute la Russie. C'est une fête qui est, à la base, ortodhoxe. Mais les personnalités religieuses ne soutiennent pas cette fête, voire ils la blâment, m'expliquent ma prof de russe. Pourtant, rien de bien méchant : ce festival consiste à fêter la fin de l'hiver, ambiance, donc, de joie, de bonne humeur : danses traditionnelles russes, chansons à la balalaïka, que du bonheur.
Il faut bien se figurer que l'hiver, en Russie, n'est pas simplement "un mauvais moment à passer". L'hiver est dur, rude, et très difficile à supporter. Alors, quand on en voit le bout ... Quelle joie !
C'est une sorte de mardi-gras français, mélangé avec la chandleur. En effet, les fameux blinis russes sont à l'honneur. Le blinis, m'explique un ami, c'est avant tout le symbole du soleil, le soleil qui pointe son nez sous la couche de nuage encore pesante. Le soleil, qui accompagne le printemps et la chaleur. "J'ai chaud" se plaint un homme dans la rue. Eh oui, nous sommes passés de -23 à 0 en quelques jours, il semble qu'il ne fasse plus froid du tout. Pourvu que ça continue !
                        
Le festival de la maslenitsa, explique un journaliste à la radio, c'est un festival qui dure 7 jours. Chaque jour à sa signification. Le dernier, à savoir le dimanche, c'est le jour du "pardon" (n'oublions pas que cette fête est, à l'origine, religieuse)                                  
Mais, ayant oublié ces explications, c'est avec grande surprise que je me retrouve nez à nez, le dimanche matin, pas très bien réveillée, avec le gardien de mon étage qui s'excuse de manière très pieuse. "Pardon, les filles (s'adressant personnellement à Cristina et moi) pour tout ce que j'ai pu faire, consciemment, inconsciemment, de mauvais aux gens qui m'entourent. Pardon pour les mauvaises pensée que j'ai pu avoir ... Pardon ... " Etc.
Nous nous sommes regardés avec stupéfaction et surtout ... Incompréhension. "Est-ce qu'il est devenu définitivement FOU ?"
Non non, Nikolaï se contentait de respecter la tradition. C'est seulement après la fin de son "discours repentant" qu'il nous dit : "C'est à vous maintenant, excusez-vous". Grand moment de solitude.      
Nous nous sommes contentées d'un "Pardon Nikolaï", têtes baissées, prétextant de rater notre bus.
                                                               
Nous avons donc rejoint les festivités en participant, notamment, à la crémation d'une poupée géante qui symbolise l'hiver. Et avons eu le droit à des "Pardonne-moi" toute la journée.

La "Koukla" poupée de paille à brûler



Magnifique parc ...

Flashmob devant la fac

  Dimanche 26 février 2012


Ma fac étant la plus haute tour de Moscou et étant placée sur une colline, elle offre une vue magnifique sur tout Moscou. Le week end dernier pour la Maslenitsa dont j'ai déjà parlé, et aussi pour les élections, 200 étudiants danseurs ont décidé d'organiser un flashmob. Un fashmob, c'est quoi ? Les Américains en usent et en abusent ! C'est une danse organisée dans la rue, ou dans un lieu public comme un centre commercial. Tout le monde apprend la chorégraphie sur internet, personne ne se connaît. On convient d'un RDV, et ça donne ça ...


C'est juste ... Génial, magique ! J'en ai encore la chair de poule. Prenez le temps de la regarder en entier si vous pouvez, ça vaut vraiment le coup ! Par contre, ne me cherchez pas parmi les danseurs mais parmi les spectateurs ...... !

Clichés insolites

Mardi 22 février 2012

Comme vous vous en doutez, ma vie à Moscou en tant que française - et plus largement en tant qu'Européenne - est pleine de suprises, d'étonnements, de découvertes quotidiennes.
Je voulais avant tout partir en Russie pour être confrontée à un vrai choc des cultures, et on peut dire que c'est réussi. Au fil du temps, on s'habitue néanmoins aux coutumes et on les adopte même parfois. De ce fait, on ne remarque parfois plus ce qui nous interpelait au début, voire même ce qui nous choquait.
 J'ajouterai à cela que, ces "explorations" quotidiennes sont faites de goûts, de couleurs, de regards, d'odeurs et d'émotions... Impossible parfois de les expliquer avec des mots.
J'essaye dans ce blog de partager comme je peux mes petites aventures, même si je n'y mets certainement qu'un centième de ce que je vis - parce que je ne peux pas faire autrement.


Quoi qu'il en soit, voici deux photo-ounettes poilantes =)
Agorapobes d'abstenir !

Un distributeur de lentilles de contact ! Pourquoi se casser la tête !

Des ours dans le métro ... "Ostarozhno !" (attention !)

Samedi soir on sort au resto ... Mais avant, coiffeur !

Samedi 28 Janvier 2012

 Il existe à Moscou des petits stands, dans certains centres commerciaux, qui, pour quelques roubles, vous coiffent comme des princesses avec talent et rapidité. Allant au restaurant Samedi soir, nous avons décidé que c'était le moment de tester l'un de ces stands coiffure ! J'ai choisit la coiffure "Timenchenko" que je rêvais d'avoir depuis longtemps ...

¡ Reportage !

Ma copine Joy


Бакшевская масляница 2012

Dimanche 29 Janvier 2012

Un petit topo sur une fête traditionnelle que j'ai découverte aussi tôt qu'hier et qui vaut le coup. Cette fête a lieu fin Février, tous les ans depuis 1986.



Bakshevskaya maslyanitsa c'est aussi un festival annuel informel et non-lucratif, organisé par le club "Rozhdenstvena" aboutissant à la construction d'un fort de neige qui doit atteindre une hauteur de 7 mètres. 

 Le lieu du festival est un lieu secret qui est divulgué au dernier moment et qui n'est transmis uniquement par bouche à oreille. Il est formellement interdit d'écrire le lieu !


La fête est en plein milieu de la nature, tout à fait officieuse et non-commerciale. Pas de publicité, de sponsors, de policiers ni de billets à acheter. La consommation d'alcool n'est pas la bienvenue.
On y retrouve des personnes de tous les âges, du papy solitaire et sportif de 70 ans, aux petits de 7 ans qui construisent eux-même leurs petits igloos et forteresses.

  

Pour la première fois réalisé dans les bois en dehors de Moscou dans les années 1980 par des jeunes de la communauté universitaire - restaurateurs bénévoles et les folkloristes.  Le festival porte le nom de son premier organisateur, qui a aussi décidé de ne plus faire de publicité pour l'évènement, car en 1986, 7500 personnes s'y sont rendues ... - C'est trop.


Ainsi, tous les dimanches de Janvier, on prépare la muraille pour la fête finale du 26 Février. C'est à ces préparatifs que l'on a participé ce week end. Petit reportage de notre propre chemin :

 
De la neige à perte de vue ...
La plupart sont venus en ski ...
Découpe des blocs de neige "à la scie" !
Début de la forteresse ...
La "cuisine"